Relever le défi de la mobilité territoriale durable : premières matérialisations de l’enjeu formation

Retour sur la soirée “synthèse de l’offre de formation” – 14 octobre – IADT

En présence de Jean Marc Morvan, pour Clermont Auvergne Métropole, Mathias Bernard, président de l’Université Clermont Auvergne, de Chloé Pilch, chef de projet CMQ-E et de Ludovic Mitton et Michel James, de Frédéric Faucon, UCA, de Marie-Elisabeth Baudoin UCA, de Florence Puiseux ESC Clermont Business School, Jean-Louis  Coutarel ENSACF, David Benech (CMQ Auto’Mobilités’, Hélène Fantinutti CARA et Patrick Oliva

C’est l’un des objectifs majeurs du programme Orbimob « Aider le monde auvergnat de l’enseignement supérieur et de la recherche à devenir un ensemble multidisciplinaire reconnu dans les mobilités durables et à irriguer tout l’effort d’éducation de l’ensemble de la population » et, en peu de temps, on observe de premières avancées en la matière.

En cette soirée spéciale formation d’Orbimob,  Mathias Bernard, Président de l’Université Clermont Auvergne (UCA) le rappelait, la mobilité durable est profondément inscrite dans l’ADN de l’UCA et de toute le coordination territoriale, notamment au travers du projet I SITE. A ce titre, c’est donc une signature scientifique mais c’est également des attentes fortes qui poussent l’Université et ses partenaires à développer une offre de formations adaptées. Une impulsion nationale d’abord, qui, par la loi de programmation de la recherche de 2020, attribue à l’Université de nouvelles missions de service public pour la sensibilisation et la formation des jeunes aux enjeux de développement durable. Des attentes exprimées également par les jeunes, soucieux que leur formation les prépare à relever ces défis et enfin, des attentes du monde socioéconomique et des employeurs que leurs futures recrues diplômées soient bien formées sur ces enjeux.  

L’université et la coordination territoriale déploient donc actuellement ces nouvelles formations, répondant à des niveaux différents d’objectifs, de formats, de niveau de compétences et à des échelles différentes.

Etat des lieux de l’offre de formation « mobilité »

Transforming mobility : un Master of Sciences déjà installé

Déployé par l’ESC Clermont Business School depuis 2020, ce double cursus de Master of Sciences, proposé en alternance ou pas, complètement en anglais et accessible à bac +4, est le fruit d’une collaboration avec l’école d’ingénieur SIGMA. Il attire actuellement pour 50% à des élèves ingénieurs, 30% à des étudiants de l’ESC, les 20% restant venant d’horizons divers.  

Pour Florence Puiseux, responsable du MSC, son parti pris est fortement ancré sur les questions de transition, puisqu’il s’intéresse à la question de la transformation des modèles économiques autour du véhicule pour le futur. Dans un contexte de passage d’un marché de l’automobile à celui d’une économie de la mobilité, ces questionnements concernent beaucoup d’acteurs des filières automobiles, logistiques, de l’énergie mais également des plateformes de service de type Uber, Blablacar, Waze, les entreprises et leurs gestionnaires de flottes, les collectivités … Chacun doit repenser sa mobilité pour en réduire l’impact et optimiser ses déplacements, … Il s’agit de former des managers en capacité de mener ces transformations et de bien comprendre à la fois tous les acteurs et tous les besoins de mobilité, les enjeux, les défis … C’est tout l’enjeu de cette formation.

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DU, CMQ [E], ERASMOB : DES PROJETS EMERGENTS

Accélération technologique, twin transition – numérique et écologique- …  Deux tiers des métiers qu’exerceront les élèves demain n’existent pas aujourd’hui. Dans le même temps, un nombre important de postes demeurent non pourvus dans certains secteurs d’activité… Confrontés, ces deux éléments démontrent la nécessité de repenser les principes et dispositifs de formation.

Un campus d’excellence des métiers et qualifications

C’est l’objet du label « Campus des Métiers et Qualifications d’Excellence. Il s’agit de « mettre en synergie tous les acteurs d’une filière économique et de l’éducation au sein d’un territoire pour apporter à ces mutations une réponse juste, adaptée, concrète et rapide. Une réponse sur toute l’échelle des diplômes pour tenir compte des besoins de l’emploi : du CAP au doctorat, en passant par le BTS »

La nouvelle vague d’appel à projets pour labelliser de nouveaux Campus se voit ajouter notamment une dimension d’Excellence c’est-à-dire une dimension internationale renforcée ainsi qu’un adossement à une activité de recherche. Un CMQ, est avant tout un réseau d’acteurs professionnels et académiques, rassemblés pour répondre aux besoins d’un territoire.

C’est ce à quoi vise la démarche CMQE Mobilité durable structurée autour de 8 filières et proposant des formations du bac -3 au Bac +8 (transport, logistique et services de la mobilité, développement durable, territorial et économie, sciences et environnement, industrie, électronique et systèmes électroniciens, informatique et numérique, santé). Les objectifs communs sont la valorisation et la féminisation des filières ainsi que le développement de l’insertion professionnelle grâce à une formation innovante et de qualité, adaptée aux besoins des entreprises et offrant une individualisation des parcours. Les deux têtes de réseau du Campus -le lycée Pierre Boulanger de Pont du château et l’IUT Clermont Auvergne– amènent chacun leurs expertises ainsi que leurs plateaux techniques. Ils organisaient ensemble le 13 octobre dernier, dans le cadre d’Orbimob, une première journée dédiée aux élèves qui a lancé la dynamique CMQ et, par la mixité des publics et la diversité des interventions, donnait un bon gage de l’esprit d’ouverture qui prédomine.

A savoir

Il y a d’autres CMQ en Auvergne Rhône Alpes et 7 autres Campus des Métiers et Qualifications sur la thématique élargie de la mobilité en France. En Auvergne Rhône Alpes,  en lien avec le cluster CARA, le CMQ Auto’mobilité se concentre sur la conception (prototypage), la caractérisation-test et la maintenance. David Benech, du CMQ Auto’Mobilités, a d’ailleurs partagé son expérience du parcours de labellisation et envisagé les collaborations à venir entre les deux campus.

UN TOUT NOUVEAU « D.U » (DIPLOME UNIVERSITAIRE)

Annonçant la création d’un DU, spécialisation ’Agir pour la mobilité durable’, Frédéric Faucon, enseignant chercheur en géographie évoque le souhait partagé par l’UCA et le SMTC, et attendu par l’environnement socio-économique d’une spécialisation dans ce domaine. L’objectif de ce diplôme sera de permettre d’appréhender les enjeux de mobilité du global (en termes de développement durable) au local.  Destiné aux élus, agents des collectivités locales, salariés d’entreprises ou d’associations, il contribuera à outiller les décideurs pour décliner de nouveaux leviers d’actions, explorer les pratiques innovantes des différents types de territoires et pour différentes populations. L’enseignement sera dispensé à 50% par des enseignants de l’UCA et 50% d’intervenants extérieurs, issus d’autres université, d’entreprises, d’experts ou encore de services de l’Etat. 

Ouverture du diplôme: septembre 2022

Enfin, ERASMOB, une université européenne

On l’a vu, la dynamique de formation, de recherche et d’innovation de l’UCA est inscrite dans le projet ISITE « L’innovation multimodale pour concevoir des modèles de vie et de production durables». L’ambition d’ERASMOB serait de construire un réseau d’établissements universitaires européens rassemblés autour des mobilités durables. Le projet est en cours de construction à l’échelle Européenne, avec la Norvège, la Grèce, la Roumanie, l’Estonie, l’Allemagne et la Belgique. Ensemble, des établissements de ces différents pays répondront à un appel à projet «  Université Européenne » lancé dans le cadre d’ERASMUS+

Plusieurs objectifs en matière de formation

*sensibiliser les étudiants en vue d’agir sur les comportements à court et long terme

* acquérir des compétences dans un cadre pluridisciplinaire et en anglais pour former des jeunes « prêt à œuvrer dans un cadre international »

Dans un temps court, l’idée serait de commencer par un module de communication interculturelle pour asseoir des bases communes et d’organiser un format d’université d’été pour les établissements partenaires, dans l’objectif de former le réseau qui pourra porter et faire vivre ce projet. L’intérêt de la démarche est qu’elle se pense pluridisciplinaire dès l’amorce en intégrant les dimensions de droit, économie, gestion et management, de santé, de technologie et de sciences sociales.

A terme, l’objectif sera la création d’un diplôme Licence ou Master.

L’intervention de l’Ecole d’Architecture, qui ne propose pas de formations spécifiquement orientées sur les questions de mobilité montrait néanmoins tout l’intérêt qu’il y a à intégrer l’approche architecture et urbanisme dans les projets dès leur conception ou pour leur transformation.

Pour Patrick Oliva, le territoire auvergnat se situe à la bonne maille pour agir efficacement : l’Université et ses implantations géographiques crée le maillage nécessaire et la spécialisation de chaque site sur des facettes différentes d’une même bannière ‘mobilité’ garantit une différentiation prometteuse.