Français des villes & français des champs : pour une mobilité socialement juste et écologiquement responsable

français des villes, français des champs

Quand on parle mobilité, l’imaginaire commun d’aujourd’hui nous amène souvent plutôt dans l’univers urbain: tram, bus, voitures, trottinettes, vélo, marche, … et déplacements des personnes.

Or, la mobilité embrasse bien plus large ! et surtout, elle concerne aussi -et presque surtout- les territoires ruraux ou périurbains. 

Dans les espaces ruraux- et cela concerne en France entre 22 et 40 millions de personnes (selon la définition retenue)- la question de la mobilité conditionne aussi bien le potentiel de développement économique et l’emploi, que l’intégration sociale, l’égalité d’accès aux services et le respect de l’environnement. Elle constitue donc un enjeu global de développement territorial durable et de cohésion sociale. Et, on l’oublie aussi parfois, la mobilité, dans ses dimensions de découverte, de voyages, de balades … est aussi une activité de plaisirs et petits bonheurs…

Aujourd’hui, bien que quelques initiatives soient prises dans certaines zones, l’alternative à l’automobile en milieu rural reste insuffisante, voire inexistante. Les autres solutions  de transports (train, tram, bus, navettes autonomes, mobilités servicielles …) proposées sont souvent parfaitement conçues pour les grandes villes, mais peu adaptées aux campagnes. Ainsi, près de 80 % du territoire français ne dispose d’aucune solution pour les transports quotidiens autre que la voiture. Heureusement qu’elle est là, mais on aspire à mieux ou en tout cas, différent !       

En zone rurale française, 70 % des déplacements sont effectués en voiture, et 22 % à pied. Cela signifie que seulement 9 % de la population rurale utilisent les transports collectifs pour effectuer les trajets du quotidien. Face à de tels chiffres, on est en droit de se demander où le bât blesse. Petit tour d’horizon sur les enjeux de la mobilité rurale.

Et en la matière, il n’y a pas égalité. C’est ce que confirmait le premier baromètre des mobilités du quotidien publié par la Fondation Nicolas Hulot et Wimoov fin 2019. 

Ce baromètre soulève 5 points essentiels pour envisager la transformation d’une mobilité socialement juste et écologiquement responsable.

  • D’abord, l’envie de changement, poussée par la prise de conscience environnementale particulièrement forte chez les jeunes, dont 60% des 18-24 ans considèrent que les déplacements contribuent “beaucoup” à la dégradation de l’environnement.
    • Jeunes qui sont aussi parmi les plus contraints dans leur mobilité lorsqu’ils vivent en territoire rural
  • Le choix : 55% des français disent ne pas l’avoir pour leurs moyens de déplacements et parmi eux, 84% utilisent principalement la voiture. 77% disent ne pas pouvoir accéder à pied à des transports collectifs. 
    • Renforcé par la LOM (Loi d’Orientation des Mobilités), le rôle des AOM (Autorité organisatrice des Mobilités) implique que tous les citoyens, ruraux comme urbains, aient un droit égal à l’accès aux services de mobilité et de transports. La diversité des problématiques territoriales induit une capacité de formuler des propositions qui ne peuvent pas être uniformes
    • L’enjeu est donc d’assurer l’accès à l’emploi et aux services en développant des combinaisons de mobilités, en garantissant l’interopérabilité, entre territoires et opérateurs. 
    • Promouvoir les véhicules à faibles émissions : avec l’installation de bornes de recharge pour voiture électrique ;
    • Favoriser l’usage du vélo : en créant des pistes cyclables, en proposant des parkings sécurisés, des voies vertes, ou encore des vélos électriques en libre-service ;
    • Inciter au pédibus ou vélobus pour le ramassage scolaire ;
    • Augmenter le service de Transport à la Demande : pour éviter les transports vides, le TAD s’organise pour optimiser les trajets et répondre à tous les besoins.
  • Le coût, véritable frein à la mobilité et dont le poids s’accentue sur les foyers les plus modestes et pour les plus éloignés des centres urbains.
    • A noter au sujet de la tarification des transports que des réflexions sont engagées pour l’aborder sous l’angle de la transition écologique, en ajoutant aux coûts directs  des services de transports stricto sensu, ceux de l’ensemble des externalités négatives.  
  • Le renforcement des services de transports à la demande, l’encouragement des pratiques de covoiturage ou d’autopartage ou encore l’auto-stop organisé peuvent constituer des solutions adaptées et moins coûteuses
  • Le besoin de cohérence et d’articulation entre les différentes solutions proposées, un besoin d’information large des citoyens et d’évaluation des expérimentations menées.  
    • En effet, de nombreuses études montrent que la situation des transports publics dans les zones rurales est peu satisfaisante du point de vue de l’attractivité et du développement de ces territoires comme de l’accès de leurs habitants aux services publics. Si de nombreux territoires ont expérimenté des services ou des dispositifs innovants, l’efficacité globale souffre d’une difficulté à évaluer, à généraliser et souvent à se coordonner entre eux. 

ORBIMOB 2021- le 14 octobre, éclairage sur les mobilités 100% rurales dans le Parc Naturel Régional du Livradois Forez, focus sur l’AOM de Thiers, sur les articulations entre AOM, et ouverture sur le Massif Central avec le projet TEAMM. 

Autre sujet (et certains tendent à l’oublier!), les territoires ruraux sont aussi les territoires agricoles

… c’est-à-dire ceux où se produit une grosse partie de notre alimentation. 

La décarbonation du  transport des marchandises est un enjeu de taille, qui dépasse les frontières nationales et, à fortiori, régionales. Sur ce sujet, lire l’article de Localtis (Banque des Territoires) à propos des 40 recommandations de la mission d’information sénatoriale relative au transport de marchandises face aux impératifs environnementaux. Avec un transport intérieur de marchandises majoritairement routier, un fret ferroviaire à  9%, contre presque 20% chez ses voisins européens… La France n’est pas vraiment exemplaire sur ce plan. 

Tous ces sujets intéressent Orbimob, qui ira à la rencontre des initiatives de relance ferroviaire par exemple, le 14 octobre. 

FOCUS sur la logistique du dernier kilomètre

Les études sont unanimes, le dernier kilomètre est le plus coûteux. Pour les villes, pour les entreprises de transport et pour les citoyens. Il est aussi le plus générateur de gaz à effet de serre. Et le secteur est également en pleine croissance. 

Alors, quelle solution logistique urbaine qui désencombre les villes, fluidifie le trafic, reste flexible, économique et, surtout, écologique ?

Orbimob 2021 : Eclairages sur la logistique urbaine avec La Poste et Urby. Réflexions sur le lien entre mobilité et résilience alimentaire avec Par Ici la Résilience. Et le 16 octobre, place de Jaude, découvrez et testez toutes les initiatives alternatives.